Tags Posts tagged with "effet secondaire"

effet secondaire

 

L’information n’est pas passée inaperçue sur les réseaux sociaux à propos du moteur de recherche Google qui pourrait aider l’agence américaine du médicament (FDA) à détecter les effets secondaires des médicaments. Le Figaro Web &Tech y voit de l’espionnage mais ne s’agit-il pas plutôt d’un pas de plus vers l’hégémonie de l’algorithme, de l’usage des métadonnées pour une meilleure utilisation des signaux en pharmacovigilance ?

Qu’en est -il vraiment ?

 Le système de surveillance des effets indésirables des médicaments mis en place par la FDA souffre d’un manque de modernisation et d’efficience avec des retards d’identification de possibles effets secondaires d’après un rapport publié par l’ISMP (Institute For Safe Medication Practices). Il semble que la FDA ait pris la mesure de l’importance grandissante des nouveaux médias sociaux (forum patients, réseaux sociaux) dans la surveillance des effets indésirables en lançant un appel d’offre aux sociétés prestataires pour l’aider dans cette démarche d’une part et  en publiant d’autre part des résultats prometteurs sur l’usage de Twitter dans la détection de signaux en pharmacovigilance. Les utilisateurs de Twitter sont plus prompts à discuter d’effets secondaires sur les réseaux sociaux que de les déclarer aux autorités de santé.

Très certainement avec la volonté de tenir compte aussi de la voix des patients, la FDA a annoncé le mois dernier sa collaboration avec PatientLikeMe, une communauté en ligne de patients atteints de maladies chroniques. Forte de ces 350 000 membres dans le monde, cette communauté revendique une base de données ayant enregistré plus de 110 000 effets secondaires pour 1000 médicaments. Ces effets seront mis à la disposition des autorités de santé et analysés en complément des effets déclarés par le système officiel de la FDA.

Est ce que Google était le seul acteur ?

 Bien évidemment que non ! D’autres sociétés étaient surement sur la ligne de départ.

Des sociétés comme Treato ou Epidemico ont développé aussi des outils permettant d’extraire les données du web ou de la base FDA à partir d’algorithmes, capables de détecter des interactions, des effets indésirables grâce aux informations contenues dans les posts, tweets ou hashtags. La société Epidemico a même développé une application mobile (MedWatcher) en collaboration avec la FDA pour faciliter la déclaration des effets secondaires à la FDA et recevoir des alertes.

 Néanmoins, Google reste le premier moteur de recherche avec plus 100 milliards de requêtes mensuelles tous thèmes confondus. Cette société californienne s’est donnée les moyens avec son fameux laboratoire Google X et ses chercheurs triés sur le volet de travailler sur des projets ambitieux divers incluant la santé. Déjà en 2013, un chercheur employé par Google avait mis en évidence l’intérêt des moteurs de recherche dans le signalement d’effets indésirables, en passant en revue 176 millions de requêtes sur Yahoo.

Alors pas de dilemme cornélien ……

 Et la France dans tout ça?

 Des initiatives publiques et privées existent en France. L’ ANSM a retenu en 2013 un projet Vigi4MED (Vigilance dans les forums sur le médicament) ayant pour objectif d’analyser les commentaires des patients sur les effets indésirables dans les réseaux sociaux et d’évaluer le coût associé d’une recherche proactive de signaux sur Internet. Les résultats de ce projet ne sont pas encore connus. Des sociétés privées se sont déjà lancées sur le marché et proposent déjà aux laboratoires pharmaceutiques leurs services. A l’instar de Google, elles ont développé des outils qui permettent d’extraire (« crawling ») les informations du web et de les analyser.

Twitter, prochaine instance de contrôle des médicaments était le titre du post du site l’Atelier ! il est clair que dans le contexte actuel où les méthodes de la pharmacovigilance classique sont remises en cause (retard de décision des autorités de santé, dysfonctionnement dans la détection précoce des effets secondaires), cette approche algorithmique tenant compte des médias sociaux pourrait apparaître comme l’outil révolutionnaire.

L’avenir nous le dira…A suivre

Pour aller plus loin:

Rapport ISMP (Janvier 2015)

L’Uppsala Monitoring Centre (UMC) en collaboration avec l’OMS vient de lancer une application mobile qui permet de noter ses effets secondaires et d’en parler avec son médecin traitant. Découverte

On n’arrête plus ces derniers temps avec la pharmacovigilance et les nouveaux outils média. A l’ère du numérique et dans un but de sensibiliser encore plus le grand public sur le rôle et l’intérêt de la pharmacovigilance, l’UMC soutien opérationnel des programmes internationaux de pharmacovigilance de l’OMS depuis plus de 40 ans, met à disposition du grand public l’application mobile Take & Tell.

Cette application disponible en 3 langues (anglais, espagnol et français) permet aux patients de noter les éventuels effets secondaires suspectés avec la prise du médicament et d’en parler à son médecin traitant. L’intérêt est de discuter avec lui des mesures qu’il faut prendre.

IMG_3667

L’usage de l’application est simple : des émoticônes, un corps humain, des parties du corps humain, un champ libre pour le texte, sauvegarde et partage par mail.

IMG_6712IMG_6756

IMG_6718

Pour aller plus loin, une icône information vous renvoie sur le site web

Take &Tell comportant un :

  • un clip vidéo sur un rythme soul rappelant les étapes : je prends un médicament, je note et j’en parle

  • les définitions de la pharmacovigilance, effet secondaire et pourquoi il est important de signaler les effets secondaires
  • les questions les plus fréquemment posées
  • l’accès libre à la base de données internationales des effets indésirables des médicaments : VigiAccess
  • le rôle de l’UMC

C’est mieux qu’un carnet de notes, une application simple et utile pour ne rien oublier et en parler sereinement à son médecin.

Disponible sur l’Apple Store

Disponible sur GooglePlay

Apple_Google425

Pour aller plus loin:

– Site de l’UMC

Londres 14 juillet 2015 (Communiqué de presse GOV UK) : Le « Yellow Card Scheme » (système de déclaration des effets indésirables des médicaments et des incidents avec les dispositifs médicaux)  se met au numérique en lançant la première application gratuite pour déclarer les effets secondaires des médicaments et des vaccins. Cette application à télécharger  sur l’Apple Store ou Google Play  est destinée aux patients et aux professionnels de santé. Il s’agit d’une alternative au format papier ou à la déclaration par internet via le site web Yellow Card.

L’application permet de :

– se créer une liste de médicaments à surveiller

– recevoir des alertes

– voir le nombre de cas rapportés avec un médicament sous la surveillance de l’utilisateur

– recevoir un accusé de réception du cas au système

– pouvoir transmettre des informations nouvelles sur l’effet secondaire déclaré

Cette application répond à un grand  projet européen public/privé (Web-RADR project) entre les agences nationales de santé, la Commission Européenne, le syndicat de l’industrie pharmaceutique européen (EFPIA), , afin de privilégier l’innovation.

Une vidéo (en anglais) est disponible à l’attention du grand public .

Pour aller plus loin:

Communiqué (en anglais) de l’agence anglaise

Yellow Card Scheme

WEB-RADR

A propos

Communiquer sur le sujet simplement et en dehors de ma casquette professionnelle me tentait depuis longtemps. Ce site Pharmacovigilance Pour Tous est le fruit...